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ecommercemag· Martine Fuxa·发布时间 · 4 天前AI 评分22

Pixmania 重启后年化成交额达 1.3 亿至 1.4 亿欧元

Jean-Émile Rosenblum (Pixmania) : «Nous assistons aujourd’hui à une véritable révolution du front-office»

AI 导读

Pixmania 自 2022 年重启后,在法国、西班牙、意大利三个市场接近 150 万独立访客,年化成交额达 1.3 亿至 1.4 亿欧元,客单价超过 700 欧元。公司约 225 至 230 名员工中近 140 人负责翻新业务,翻新与新品销售占比约为 20% 和 80%。创始人 Jean-Émile Rosenblum 称将把含回购、以旧换新的循环电商模式扩展到更多品类和国家。

正文

L’essentiel

Relancée en 2022, Pixmania mise sur un modèle de commerce circulaire associant produits neufs, reconditionnement et reprise des équipements, tout en accélérant son développement européen.

  • Une croissance soutenue : Pixmania approche les 1,5 million de visiteurs uniques sur ses trois marchés (France, Espagne et Italie) et affiche un volume d’affaires annualisé de 130 à 140 millions d’euros.
  • Le reconditionnement au cœur du modèle : Avec 225 à 230 collaborateurs, dont près de 140 dédiés au reconditionnement, Pixmania entend prolonger la durée de vie des produits et étendre son modèle à de nouvelles catégories.
  • L’IA comme levier de transformation : Jean-Émile Rosenblum anticipe une révolution de l’expérience d’achat portée par les interfaces conversationnelles et le live shopping, tandis que l’IA accélère déjà les opérations internes et l’internationalisation.

Vous avez repris la marque Pixmania en 2020, avant de relancer le site en mars 2022. Quel bilan tirez-vous de cette renaissance ?

Jean-Émile Rosenblum : Nous sommes particulièrement satisfaits de constater que Pixmania n’a pas été oubliée. Avec un panier moyen supérieur à 700 euros, la confiance en notre enseigne est déterminante et cette reconnaissance nous a permis de redémarrer sans investissements disproportionnés. En termes de résultats, nous avons franchi le million de visiteurs uniques en France il y a quelques mois et approchons désormais les 1,5 million sur nos trois marchés : la France, l’Espagne et l’Italie. Historiquement, Pixmania réalisait les deux tiers de son chiffre d’affaires hors de France et la marque était présente dans 26 pays. Notre redéploiement européen s’inscrit dans cette continuité historique. Ceci étant, notre principale satisfaction réside dans la pertinence du modèle que nous développons. Nous proposons une autre manière de consommer des produits susceptibles de connaître plusieurs vies, en intégrant -dès l’achat- la reprise de l’ancien équipement, le rachat futur du produit et des solutions de paiement mensualisé.

Quelles sont vos ambitions pour les prochaines années ?

Jean-Émile Rosenblum : Notre ambition est d’étendre ce modèle à tous les produits susceptibles de connaître plusieurs vies. Lorsqu’un équipement peut être utilisé successivement par deux, trois ou quatre consommateurs, nous voulons lui permettre de l’être, plutôt que de laisser sa valeur immobilisée dans un tiroir. Nous souhaitons transposer à l’électronique, puis à d’autres catégories, un fonctionnement déjà bien établi dans l’automobile, où la valeur résiduelle est intégrée au cycle de commercialisation. Nous avons commencé à développer cette approche dans la mobilité urbaine, l’informatique et la photographie, notamment avec les appareils reflex haut de gamme, dont les prix peuvent atteindre 1 500 à 2 000 euros. Notre objectif est de généraliser ce modèle à davantage de catégories et de pays.

Quelles sont aujourd’hui les principales familles de produits commercialisées sur Pixmania ?

Jean-Émile Rosenblum : Le smartphone, neuf et reconditionné, constitue l’une de nos principales catégories, aux côtés de l’informatique et des objets connectés portables. Nous couvrons notamment l’ensemble de l’univers Apple, avec une offre multimarque. Nous développons également la photographie, historiquement associée à Pixmania, ainsi que la mobilité urbaine. Un vélo acheté 3 000 euros peut intéresser un deuxième consommateur à 1 500 euros, puis un troisième à 700 euros. La logique est identique pour un iPhone, qui peut successivement trouver acquéreur à 1 200, 800 puis 300 euros. Chaque nouvelle vie permet de répondre à un pouvoir d’achat différent.

En 2026, vous vous êtes positionnés sur la reprise de Rakuten France. Pourquoi cette opération n’a-t-elle pas abouti ?

Jean-Émile Rosenblum : Je ne peux pas m’exprimer totalement librement sur ce dossier, car une procédure est en cours. L’opération était quasiment finalisée lorsqu’un revirement est intervenu au dernier moment. Il a finalement été décidé de privilégier une fermeture, alors que notre projet aurait permis de préserver au moins 70 emplois. Notre intérêt était naturel. Après avoir démontré notre capacité à relancer Pixmania, nous pensions pouvoir redévelopper PriceMinister, une autre marque historique du e-commerce français. Je ne peux toutefois pas en dire davantage à ce stade…

Le reconditionné s’impose progressivement comme une alternative au neuf. Est-il devenu le cœur de votre modèle économique ?

Jean-Émile Rosenblum : Le reconditionné est au cœur de notre modèle, mais il n’en constitue pas l’unique composante. Sans produits neufs, il n’y a pas de produits reconditionnés. Nous ne cherchons d’ailleurs pas à culpabiliser les consommateurs qui privilégient le neuf. Chacun doit pouvoir choisir librement. Notre conviction est simplement qu’un produit ne doit pas rester inutilisé dans un tiroir. S’il peut fonctionner pendant huit ans, il faut lui permettre d’atteindre cette durée de vie. Aujourd’hui, le marché se répartit approximativement entre 80 % de produits neufs et 20 % de reconditionnés, une proportion que nous retrouvons sur notre site. Ces activités sont indissociables. Notre capacité à racheter, remettre en état et revendre les équipements contribue directement à la commercialisation du neuf. Dès la première vente, nous intégrons la reprise de l’ancien appareil et la possibilité de racheter ultérieurement le nouveau. C’est cette articulation entre les différentes vies du produit qui distingue notre modèle.

Avec votre frère, vous avez participé à l’émergence du e-commerce français. Quel regard portez-vous sur son évolution, notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle et des agents IA ?

Jean-Émile Rosenblum : Lorsque je suis revenu dans le secteur avec Pixmania, j’ai été surpris de constater à quel point les méthodes de commercialisation avaient peu évolué. En vingt ans, les progrès ont été considérables dans le back-office, notamment en logistique, dans l’exploitation des données et l’efficacité opérationnelle. En revanche, la manière de vendre est restée relativement similaire. L’expérience proposée par Amazon, par exemple, n’a pas fondamentalement changé. Nous parlions déjà de vidéo et de recommandations il y a vingt ans, mais leur intégration dans les parcours commerciaux est restée limitée. Je pense néanmoins que nous assistons aujourd’hui à une véritable révolution du front-office. Le live shopping en est une première illustration. Les pratiques développées en Asie commencent à s’imposer sur nos marchés, notamment avec Whatnot, TikTok, eBay Live ou YouTube Live. Je pensais que cette transformation interviendrait bien plus tôt, mais la manière de présenter et de commercialiser les produits pourrait désormais évoluer profondément.

L’intelligence artificielle ouvre également des perspectives considérables dans le service client, l’internationalisation, la traduction ou la création de fiches produits. Les gains de productivité sont exceptionnels, y compris dans le développement des sites internet. Reste à déterminer comment ces technologies s’articuleront avec les plateformes existantes, comme Shopify. Je ne crois pas à une disparition massive des logiciels SaaS. L’IA remplacera certaines briques technologiques, mais un site marchand doit fonctionner parfaitement de bout en bout. Les grands modèles de langage ne peuvent pas, à eux seuls, remplacer toutes ces infrastructures. Il ne faut pas non plus sous-estimer les acteurs historiques. Google dispose d’une connaissance extrêmement fine des produits, des prix et des avis clients. Un modèle généraliste peut privilégier des enseignes établies, comme Darty ou la Fnac, pour limiter les risques, tandis que Google possède les données nécessaires pour identifier précisément les meilleures offres.  En revanche, l’IA nous permettra incontestablement d’accélérer notre développement et notre implantation sur de nouveaux marchés.

L’intelligence artificielle transforme-t-elle aujourd’hui davantage les opérations internes des e-commerçants que l’expérience des consommateurs ?

Jean-Émile Rosenblum : Des applications très concrètes émergent déjà du côté des consommateurs, notamment avec les interfaces conversationnelles. Les interactions vocales existent depuis longtemps, mais l’intelligence artificielle en améliore considérablement la qualité. Il n’est plus nécessaire de formuler une demande par écrit. Même dans un environnement bruyant ou face à une expression approximative, ces systèmes parviennent à comprendre précisément l’intention de l’utilisateur, avec des performances bien supérieures à celles des assistants vocaux traditionnels comme Siri. C’est une avancée majeure pour l’expérience client. Néanmoins, à ce stade, l’IA transforme encore davantage le back-office que le front-office.

Pour terminer, quels sont les principaux chiffres clés de Pixmania, notamment concernant vos effectifs, votre activité et vos capacités de reconditionnement ?

Jean-Émile Rosenblum : Pixmania compte aujourd’hui entre 225 et 230 collaborateurs, dont près de 140 travaillent dans notre laboratoire de reconditionnement situé aux portes de Paris, dans le secteur de Levallois. Nous y reconditionnons plusieurs dizaines de milliers de téléphones par mois, soit plus de 100 000 à 200 000 appareils par an. Nous sommes présents en France, en Espagne et en Italie, avec un volume d’affaires annualisé, calculé sur notre rythme actuel, d’environ 130 à 140 millions d’euros. Nous en sommes à notre cinquième année de développement sur la partie marketplace. Parallèlement, nous avons développé des technologies que nous envisageons désormais de proposer à d’autres marques et distributeurs, dans plusieurs pays, au cours des prochains trimestres. Cette ouverture constitue un nouveau relais de croissance pour Pixmania.

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